Si un jour on me demande ce qui a été la génèse de “A ses côtés”, je crois que j’aurais un peu de mal à fournir une réponse. Je crois que l’idée de fond, je l’avais en moi depuis longtemps, sauf que je ne savais pas bien comment la mettre sous la forme d’une histoire. Et puis la vie fait que parfois, ce que l’on vit dépasse la fiction.
Et voilà. C’est comme cela que tout a débuté.
Je ne crois pas que la volonté vienne juste parce qu’on a l’idée de l’objet littéraire que l’on veut écrire. Je crois plutôt que cette “volonté” jaillit comme un besoin. C’est l’écriture qui pousse elle-même l’auteur à raconter l’histoire qu’il a dans la tête. Quand j’écris, je n’anticipe pas les mots qui vont sortir, je sais que beaucoup de choses vont venir se mêler. Il y a l’envie d’inscrire un bout d’une histoire réelle, le désir de la parfaire avec celle qu’on aurait rêvée mais aussi le besoin de régler ses affaires avec la kyrielle de questions que l’on ramasse au fur et à mesure du temps et auxquelles on n’apporte jamais de réponse, soit qu’on en est incapable, soit, plus probablement, qu’on n’est pas en situation de le faire lorsqu’on évoque des faits non imaginaires.
Parce que l’ambiguïté est là. On découvre des réponses non pas dans ce qu’on vit mais dans ce qu’on imagine. Parce qu’on a la distance nécessaire. Qui n’a jamais donné un conseil à un ou une ami(e) en réalisant au même moment que les paroles sortent de notre bouche que ces mêmes mots, nous aurions dû les trouver pour apporter une réponse à nous-mêmes dans une affaire passée ?
“A ses côtés” a débuté par un brouillon tout simple qui racontait l’histoire de deux adultes dont on comprenait qu’ils avaient eu une histoire ensemble et que la vie avait séparés. Ca se passait sur le bord d’une plage, assis sur un muret, avec un échange de phrases à la fois banales mais suffisamment explicites pour comprendre que la situation oscillait entre la nostalgie et une sorte de regret ou de remords.
“A ses côtés” est un récit qui rend compte de ce qu’est vraiment le fait de “devenir mature”. Je souris quand j’écris cela car la réalité est que je ne raconte pas tout à fait cela en vrai. Je raconte surtout comment se déroulent les évènements et comment les choses peuvent se croiser sans jamais s’entrelacer. Je raconte comment l’on peut être amené à raboter nos angles parce qu’on se rend compte que les angles, ça peut autant blesser ceux qu’on aime que nous-mêmes.
“A ses côtés”, c’est aussi l’histoire de personnes qui, au travers de ce qu’ils considèrent être des erreurs, des impasses, se tracent la route qu’ils ont toujours cherchée. Sauf qu’ils ne s’en rendent jamais compte car elle leur donne l’impression de leur être offert au rabais.
On pourrait peut-être parler de désillusions mais je n’aime pas ce mot car il évoque pour moi quelque chose liée à la folie, à une certaine schizophrénie dont je n’ai pas envie de parler.
Voilà, “A ses côtés”, c’est et ce sera tout ça. En espérant que dans l’élan que je peux avoir pour l’écrire, que la narration ne se trouve pas trop dispersée entre la nécessité d’être limpide et le besoin d’être complète et vraie.